| L’Orénoque est le 4e fleuve du monde par son débit. Depuis ses sources en Amazonie vénézuélienne, il draine la plupart des cours d’eau de la région avant de se jeter dans l’Atlantique. Navigable sur 700 km, il constitue encore la principale voie d’accès vers l’intérieur d’un territoire de près de 180 000 km2. L’absence de véritables moyens de communication a permis à la forêt et à la savane amazoniennes, riches de leurs 8 000 espèces de plantes et d’arbres et de leurs 680 espèces d’oiseaux, d’être relativement préservées. Des populations indiennes, en particulier les Yanomanis - l’une des dernières peuplades au monde à vivre de la chasse et de la cueillette, décrite par l’ethnologue Pierre Clastres - ont pu également survivre. Mais ce n’est qu’un répit. Les fermiers sans terre qui mettent le feu à la forêt en chassent les Indiens, les braconniers qui recherchent les animaux rares pour de riches collectionneurs les utilisent pour guides, et les chercheurs d’or les exploitent comme main-d’œuvre servile. Le massacre des Yanomanis s’intensifie, laissant douter qu’une quelconque population puisse échapper à la mondialisation. |