| La banquise arctique fond et se disloque en blocs arrondis, signe que la débâcle printanière a commencé dans les terres du Nunavut, « notre terre » dans la langue des Inuit. Les baleines et autres mammifères marins peuvent alors se frayer un chemin parmi les blocs de glace. Cet ensemble d’archipel, d’eau et de glace océanique, abrite la civilisation inuit depuis 5 000 ans, sur un territoire de 2 000 000 km 2, grand comme 4 fois la France. Pourtant habitués à lire la glace depuis des générations -les Inuits possèdent plus de 30 mots pour désigner le blanc- les chasseurs inuit se trouvent aujourd’hui confrontés au réchauffement accéléré de leur territoire et, en toute prudence, ne peuvent plus s’engager sur la banquise sans disposer d’informations satellites. Depuis 1960, l’épaisseur moyenne de la banquise arctique a diminué de moitié et les températures ont augmenté de plus de 2°C. « La Terre change littéralement sous nos pieds » déclarait en 2003 un membre de l’ICC, l’organisation mondiale de défense de la culture inuit. |