| Les favelas sont apparues à Rio de Janeiro au début du siècle, lorsque des soldats, libérés après avoir maté une rébellion dans le Nord-Est, s’installèrent dans des baraquements sur le flanc d’une colline proche du centre de la ville qu’ils nommèrent du nom de leur garnison à Bahia. Cet habitat précaire s’est répandu rapidement sur tout le continent. Ainsi à Belém, capitale de l’État de Pará et principal port fluvial de l’Amazone, plus de la moitié des 2 millions d’habitants s’entassent dans les favelas qu’on appelle ici baïxadas. Les bidonvilles brésiliens, comme ceux des autres grandes villes du tiers-monde, constituent un habitat précaire, fait de matériaux de récupération (bois, tôles, plastiques, cartons…), mais ils sont loin d’être déstructurés comme on pourrait le penser à première vue. On y trouve des rues commerçantes, des îlots privés, des secteurs artisanaux. Ils sont souvent planifiés par des associations et un clergé proche de la théologie de la libération. On a pu dire que les bidonvilles étaient des villes comme les autres mais en plus étroit : la hauteur des plafonds, la surface des pièces, l’épaisseur des murs, la largeur des rues y sont réduites de moitié. La vie aussi y est plus courte. |