| Depuis des siècles est pratiquée sur l’île une agriculture traditionnelle sur brûlis, appelée tavy, qui, du fait d’une intensification au cours des dernières décennies liée à l’importante croissance démographique (la population de l’île a été multipliée par 4 en 30 ans), est devenue particulièrement dévastatrice pour les milieux naturels. Privés de couvert végétal, l’humus et la terre meuble sont décapés par les pluies qui mettent au jour un manteau d’argile définitivement stérile et creusent des ravins, les lavakas, sur les versants des collines. Confrontés à la disparition des terres arables, les paysans exploitent des zones plus accidentées. Depuis quelques années, le gouvernement a entrepris une réforme foncière pour sécuriser le droit des paysans à exploiter leurs parcelles. Mais fin 2008, l’entreprise coréenne Daewoo annonçait un accord avec les autorités malgaches portant sur l’exploitation de 1,3 million d’hectares pour la production de maïs et d’huile de palme à destination de la Corée du Sud. À la suite d’une vague de protestation, en février 2009 le projet semblait abandonné. Depuis la flambée mondiale des prix agricoles, fin 2007, de nombreux accords sont conclus par des investisseurs étrangers dans plusieurs pays africains, en particulier pour la culture de plantes destinées à produire des agrocarburants, menaçant ainsi la souveraineté alimentaire des populations locales et les droits fondamentaux des paysans.
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