| Le courant de Benguela, issu de l’Antarctique, longe la côte de Namibie, où alternent plages, récifs et hauts-fonds. Il provoque une forte houle, de violents courants, et un épais brouillard qui dissimule le rivage. Aussi la côte namibienne constitue-t-elle un passage redouté par les navigateurs qui croisent au large pour rejoindre le cap de Bonne-Espérance, à la pointe sud du continent africain. Dès 1846, les marins portugais la qualifièrent de « sables de l’enfer » et, dans sa partie nord, elle porte depuis 1933 le nom évocateur de « côte des Squelettes » . D’innombrables épaves rouillées de bateaux mais aussi d’avions et de véhicules tout-terrain, ainsi que des vestiges osseux de cétacés échoués et même d’hommes parsèment ce mélancolique littoral. Si l’amélioration des techniques de sauvetage permet d’épargner plus de vies qu’il y a cinquante ans, le tribut payé aux mers du globe demeure lourd. Au début du XXI e siècle, des dizaines de marins pêcheurs disparaissent encore quotidiennement dans le monde, et chaque semaine trois gros navires font naufrage. |